Le poids des autres, c'est pas de tes affaires

Annie Dubé Annie Dubé

Le

Femmes heureuses

À l’ère des médias sociaux, on est bombardés d’images qui suscitent souvent leur lot de commentaires, allant du compliment à l’insulte. On remarque aussi plein de body shaming, que ce soit parce qu’une personne est trop maigre, trop grosse ou trop toute à notre goût. On n'a même pas besoin d'être des trolls. On ne s’en rend pas toujours compte, mais dans la vie de tous les jours, il nous arrive tous de commettre des faux pas sans trop en prendre conscience. On pense complimenter quelqu'un, mais on se met le pied dans la bouche... jusque dans la gorge! 

Commenter sur le poids des autres, c'est lourd

Parfois, on est bien intentionné et on félicite quelqu’un pour sa perte de poids. On n’a cependant aucune maudite idée de ce qui se cache derrière. Je connais plusieurs personnes qui ont simplement arrêté de manger parce qu’elles souffraient d’une dépression sévère ou d’anxiété. Faque, en gros, cette personne avait tellement perdu l’envie de mordre dans la vie qu’elle ne mangeait plus pentoute. Et soudainement ça lui prend tout son petit change pour sortir de chez elle et les gens la félicitent abondamment pour sa détermination et son courage, alors que ce qu’on voit vraiment devant nous, c’est son mal de vivre.

Un hater si proche

J’ai moi-même souvent pris ou perdu du poids, alors j’ai l’expérience des gens qui t’aiment trop vraiment soudainement simplement parce que tu as perdu 15 lbs.

Depuis que je suis petite, les gens analysent mon poids, mon type de silhouette, la taille de mes vêtements. À chaque Noël, même si je ne m’étais pas pesée sur la balance, je pouvais compter sur la parenté éloignée pour me faire un bilan complet de ce dont j’avais l’air. Si j’avais engraissé, tout le monde semblait triste. Mais si j’avais perdu du poids, PARTY! Je n’ai jamais autant reçu de compliments de ces proches éloignés. L’amour qu’ils ressentaient envers moi était donc conditionnel à mon taux de gras. Wow. Ça donne envie d’y retourner.

 Il y a aussi ceux qui te disent « ben non t’es pas grosse » quand t’as pris 45 livres. Par contre, quand tu atteins un poids soi-disant « santé » , ces mêmes personnes se permettent aussi de te parler de ta shape en poire, et te dire que t’as des hanches pour porter des enfants. Personnellement, ce sont ces commentaires-là qui me remettent le plus en question. Je croyais enfin être en mesure de ne plus attirer ces commentaires, mais même si je hurle YOU SHALL NOT PASS, comme Gandalf dans la version originale anglaise du Seigneur des anneaux, les maudits commentaires se rendent encore à mes oreilles. Ils sont infinis.

Parfois, des gens se permettent même de nous dire qu’on n’est pas mannequin. AH OUIN? J’avais remarqué que je ne vivais pas en prenant une pose fake dans un catalogue de magasin, mais merci de me le confirmer de manière bénévole et non sollicitée.

Comme si quand tu as un poids santé, tu devenais matière à analyse de silhouette et aux critiques de mou de bras pis de toning. Et quand on est ronde, on a beau célébrer notre corps en étant #bodypositive, il y aura toujours des gens pour nous imposer leur point de vue sur notre corps. Quand ce n'est pas le taux de gras, c'est notre squelette. Même la grosseur des os semble être un sujet qui intéréresse les gens. Du moins, c'était le cas quand j'étais jeune. Allô tsé. Les gens, c'est pas du bétail. 

Mais faudrait dire ça à l'ostéopathe qui m'a un jour décoincé le dos en disant, entre deux phrases sur l'importance de boire de smoothies verts : C'est pas facile d'être gros, hein? 


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J'avais envie de lui répondre : «Je sais pas. Sûrement pas plus que d'être un gros cave». Mais bon, je me suis retenue et j'ai juste versé une petite larme symbolique sur la table pendant qu'il m'arrangeait la colonne.  Je me suis reprise par la suite en lui envoyant un courriel pour le sensibiliser à ne pas faire sentir les gens avec un dos brisé comme de la merde. L'ironie, c'est que cet homme pesait deux fois mon poids. 

C'est pas de tes affaires

Heureusement, ce qui change avec les années, c'est qu'on est de plus en plus à prendre conscience de ce problème qui nous touche dès notre plus jeune âge, et qu'il faut que ça change.

C'est pourquoi on est contents que du 12 au 16 novembre, c'est la 7e édition de la Semaine « Le poids ? Sans commentaire ! » organisée par Équilibre. Marie-Soleil Dion est l'ambassadrice en 2018, et voici ce qu'elle en pense: «Dans un univers où les photos personnelles publiées en ligne sont méticuleusement choisies, recadrées et filtrées, il n’est pas étonnant de constater que les commentaires sur le poids et l’apparence physique, même les positifs, peuvent avoir des conséquences négatives, entre autres sur l’image corporelle !», 

Visite le site web lepoidssanscommentaire.ca, ou abonne-toi à leur FacebookInstagram ou YouTube pour y trouver les contenus exclusifs de l'organisme et pour avoir des conseils pratiques sur commenter différemment sur les réseaux sociaux, ou dans la vraie vie! 

Parce qu'on arrive en 2019, il faudrait peut-être commencer à respecter les autres comme ils sont sans sentir qu'ils ont besoin de nos commentaires pour vivre leur vie! 


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