Comment j’ai découvert que mon chum est toxicomane

Anne-Marie Lobbe Anne-Marie Lobbe

Le

Homme accro à de la cocaïne

Flirter avec la drogue dans un party ou pour expérimenter un feeling différent; à chacun ses trips, se disait Marie-Philippe, en autant que ça ne devienne pas une habitude! En couple depuis trois ans, elle a cependant eu la surprise de sa vie en découvrant que la personne à qui elle faisait le plus confiance lui cachait un gros secret : son chum était toxicomane. Cette histoire, c’est la sienne.

Christian et moi, on est inséparables, pratiquement depuis le jour de notre rencontre. Il n’est pas seulement mon chum : il est mon meilleur ami, aussi. Je pense même que ma plus vieille copine – que je connais depuis l’école primaire – en est jalouse! Sans farce, mon amoureux et moi, on est tellement proches que je parviens souvent à deviner ce qu’il pense… et à terminer ses phrases. Je sais c’est cliché et quétaine, mais ça nous arrive pour vrai! C’est probablement pour cette raison que j’ai vu son problème de consommation de drogue comme une trahison. Christian, il fait partie de moi. Il est une partie de moi. Et découvrir quelque chose d’aussi gros sur « l’autre partie de moi », ça m’a terriblement fait mal…

Le jour de la découverte, avec un « D » majuscule

Unsplash : Sarah Vilardo

Je ne le cacherai pas : Christian et moi, on est des personnes de party! Dans le sens qu’on aime se faire du fun, sortir quelques fois par mois pour prendre un verre avec des amis et rentrer aux petites heures du matin. Je lui fais confiance lors de ses soirées entre « boys » et il me rend la pareille quand je sors avec mes « girls ». Cependant, je pense que ma confiance en lui ne sera plus jamais pareille, même si j’y travaille fort. Que je veux y travailler fort…

C’était il y a environ quatre mois, un jeudi soir, et je travaillais. Comme tous les jeudis soirs, d’ailleurs. J’avais texté mon amoureux plus tôt et il m’avait dit qu’il passait la soirée avec un certain Jim, un gars de son programme d’études que je ne connais que de nom (quoique je sais qu’il est célibataire, car ma meilleure amie veut vraiment que je la matche avec quelqu’un, alors j’avais déjà posé la question à mon chum).

Bref, durant une de mes pauses de travail, j’ai voulu faire un FaceTime avec lui, comme on a l’habitude de le faire. C’est bizarre et je ne sais pas comment l’expliquer, mais dès la seconde qu’il a répondu, j’ai senti que quelque chose clochait. Bon, je sais que l’éclairage ou le son d’un appel-vidéo n’est pas toujours à point, mais quand même. Il avait le regard fuyant et une drôle de voix. Il me demandait sans cesse de répéter ce que je lui disais, même s’il ne semblait pas y avoir de musique forte chez lui. Il était tout bonnement assis sur son divan. Il a fini par me souhaiter une bonne fin de soirée et il a raccroché. Il a dit qu’il m’appellerait plus tard.

En sortant du boulot, vers 22 h 30, j’ai décidé d’aller à son appart. Je n’avais vraiment pas un bon feeling… J’ai sonné, sonné et sonné à sa porte, sans réponse. Pourtant, mon chum n’est vraiment pas du type à se coucher tôt. J’ai donc décidé d’utiliser le double de sa clé. J’ai la sienne et il a la mienne, en cas d’urgence ou de surprises. Une fois, il m’attendait chez moi avec un souper aux chandelles. Ça, c’est le fun!

Son  appartement était complètement sombre et il n’était visiblement pas chez lui. Il avait même laissé son cell sur la table du salon. Et à côté de son téléphone, j’ai eu la surprise de trouver un petit sachet en plastique vide… Non, pas tout à fait vide : on dirait qu’il y avait des résidus d’une poudre blanche au fond. De la cocaïne, me disait ma tête. Non, c’est impossible, lui répondait mon cœur.

La confrontation... avec son vendeur de cocaïne

Je ne savais pas quoi faire. Je me suis dit que peut-être que son ami Jim pourrait m’aider. J’ai donc saisi son cell pour trouver le numéro de Jim. Wow, ils communiquent souvent ensemble eux! Dans son historique, je pouvais voir qu’au cours de la dernière semaine, ils s’étaient appelés une dizaine de fois et textés au moins 40 fois. Des textos toujours courts, dans le genre : « T’es où? », « Comme d’hab. » et « Good, j’arrive. ». Troublée, j’ai composé le numéro de Jim, ne pensant pas qu’il allait croire que c’était Christian qui l’appelait, puisque j’utilisais son téléphone. Il m’a répondu (je m’en souviens encore) : « Hey dude, tu me niaises? Je viens juste de t’en donner. Il y a des limites à ce que je te fasse des faveurs quand tu me dois 200$. ». Hors de moi, je lui ai balancé un : « C’est pas ton dude, mais sa blonde et tu vas me dire exactement pourquoi il te doit autant d’argent! ».

Après une série de : « Man… », « Écoute... » et « Je sais pas quoi te dire. », Jim a fini par me dire qu’il n’était pas vraiment l’ami de mon chum. En fait, il l’apprécie et n’a rien contre lui, mais leur relation est plutôt professionnelle… En d’autres termes : il est son vendeur de drogue. Précisément de cocaïne. Depuis à peu près six mois.

Quoi, six mois? C’est impossible, il me semble que j’aurais remarqué quelque chose avant, non?! Jim m’a dit qu’il en avait assez révélé comme ça et que, techniquement, Christian devrait bientôt me rejoindre. Il pourrait répondre à mes questions. Et là, j’occupais la ligne pour ses autres « clients ».

Mon copain a en effet fait son apparition dans son appart quelques minutes plus tard. Il avait l’air complètement perdu et ne comprenait pas ce que je faisais là. Mais quand il a vu le petit sachet de plastique vide dans ma main, il a compris : je venais de découvrir son secret. Il s’est assis à côté de moi et s’est caché le visage avec ses mains. Il m’a dit qu’il ne voulait pas que je le vois comme ça.

Étonnamment, j’ai été en mesure de rester calme. Les mots : « Alors, tu prends de la drogue. » ont franchi mes lèvres, rapidement suivis par les siens : « Non, oui, pas vraiment. Ça fait juste deux fois et depuis la semaine dernière. Ça me relaxe, je suis stressé avec mes cours, ces temps-ci, tu le sais. Je te jure que je me contrôle. Ça change rien pour nous deux. » On aurait dit une excuse préfabriquée, débitée d’une traite. Mais je savais qu’il me mentait. Je lui ai dit que son « bon ami » Jim m’avait confirmé que ça faisait six mois qu’il le comptait parmi ses clients et qu’il lui devait 200$.

Je pense qu’il était un peu sous le choc, car il n’a même pas essayé de démentir. Il a répété qu’il ne voulait pas que je le vois dans cet état. Je suis partie, sans un mot de plus.

L’après-coup et ses demandes d'aide

Je n’ai pas parlé à mon chum pendant cinq ou six jours. Au début, il me bombardait d’appels et de textos. Je ne répondais juste pas. Je ne savais pas quoi lui dire. J’avais besoin d’un peu de temps pour penser… Pour penser à nous deux, au futur de notre couple, mais à moi, aussi. Mes sentiments amoureux étaient toujours là. Christian, c’est comme mon âme sœur. Mais, j’avais l’impression de ne plus le connaître. Il m’a menti pendant la moitié d’une année, quand même. Et peut-être plus, qui sait? Il avait peut-être un autre dealer avant Jim.

Un jour, un de ses textos m’a frappé : il disait qu’il avait besoin d’aide, qu’il voulait s’en sortir. Qu’il avait besoin de MON aide. C’est là que j’ai décidé de lui répondre. Car après ses mille et une excuses préfabriquées, il reconnaissait maintenant avoir besoin d’aide. Et je voulais sincèrement l’aider.

Christian et moi sommes toujours amoureux. Petit à petit, je recommence à lui faire confiance. Je le crois quand il dit qu’il a cessé de consommer. Il a lui-même pris les démarches pour consulter un psychologue et aller chercher de l’aide auprès d’une organisation pour les personnes toxicomanes. Il fait vraiment tout pour se reprendre en main et je suis fière de lui.

Mais, j’ai peur. J’ai peur qu’un jour, il sombre à nouveau. Il m’a admis qu’une rechute n’est jamais impossible. Son problème avec la cocaïne, il devra probablement y faire face toute sa vie. Il m’a cependant promis que plus jamais il ne me laissera dans le néant. Au  moindre doute, il va tout me dire, parce qu’il veut que je l’aide à s’en sortir, même s’il comprend que ça doit venir de lui-même, à la base.

Il est fort mon chum.

Il est l’autre partie de moi et je suis l’autre partie de lui.

Accessible 24 heures par jour et 7 jours par semaine, à travers tout le Québec : Drogue : aide et référence (DAR).


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