Comment j'suis passée à travers une dépression saisonnière

Anne-Marie Lobbe Anne-Marie Lobbe

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Fille de dos qui regarde le coucher du soleil

Joie. Tristesse. Espoir. Excitation. Angoisse. Amour. Désespoir. Voilà toutes des émotions qui peuvent s’emparer de nous au quotidien. Mais parfois, on n’arrive plus à comprendre le tourbillon d’émotions qui nous étourdit et quand la déprime et la détresse prennent le dessus, on peine à voir le bout du tunnel tellement celui-ci est sombre…

Mon texte que je vous partage aujourd'hui, est celui d'Émilie. Elle a réussi à vaincre la dépression à deux reprises, mais elle craint toujours de devoir lui faire face à nouveau. Cette histoire, c’est la sienne.

 

J’avais terminé mes études et je travaillais depuis un an ou deux. Je travaillais énormément et j’avais beaucoup de pression. Je faisais de longues heures. Au départ, je me disais que ce n’était qu’un mélange de grande fatigue combiné à la pression que je me mettais moi-même pour performer. Ça semble avoir créé un « trop-plein » et puis, tout a lâché en même temps…

 

La dépression, je l’ai sentie venir un petit peu. Mais moi, quand je vois une problématique, je veux la régler : c’est dans ma nature! Je ne voulais pas prendre de médicaments parce que je me disais que ça allait passer. J’ai tout essayé : j’ai suivi deux thérapies en même temps, je faisais plus de sport, j’ai changé ma routine de vie…

"J’ai vraiment tout essayé avant de toucher le fond et de réaliser que j’avais besoin d’aide et que je devais l’accepter."

 

J’avais de la difficulté à comprendre ce que je ressentais parce que tout allait bien dans ma vie : pas de problème de couple, ni de type financier! Dans ma tête, je n’avais aucune raison de ne pas bien aller. C’était incompréhensible pour moi.

"Je me disais que les personnes aux prises avec la dépression avaient vraiment une raison de l’être. Moi, il n’y avait rien pour l’expliquer : zéro pis une barre!" 

La personne qui me jugeait le plus dans tout ça, c’était moi-même. Je n’ai jamais senti que mes proches me jugeaient. Au contraire, ils se disaient que je ne devais vraiment pas bien aller, car ce n’était pas du tout moi, cette personne-là.

 

Tout le monde voulait m’aider. Mes amis et ma famille me disaient qu’ils ne savaient pas quoi dire pour que je me sente mieux et je leur répondais : « Ce n’est pas grave, dites rien! ». Je savais qu’ils n’avaient que de bonnes intentions, mais quand ils me disaient que ça irait mieux bientôt, la seule chose qui me venait en tête c’est : « Ils ne me comprennent vraiment pas ». Même moi, je n’aurais pas su quoi me dire! Donc, juste leur présence était suffisante. Je me souviens qu’une fois, ma mère est venue se coucher à côté de moi. Elle n’avait rien dit, mais ça m’avait fait du bien.

 

J’ai dû me faire à l’idée que malgré le fait que je ne voulais rien savoir des médicaments – je suis une fille super grano et bio – j’en avais besoin. Ça va faire six ans maintenant que je n’ai pas arrêté d’en prendre, car quand j’ai cessé par le passé, c’est revenu et j’ai fait une deuxième dépression. Ce qui m’a vraiment aidé aussi, c’est une thérapie sur la pleine conscience, si je peux dire ça comme ça, et un livre, The Mindful Way Through Depression. Ça m’a aidé de me dire : « Bon, je suis anxieuse. C’est là, mais ça va finir par passer. Je suis mieux d’accepter l’état que j’ai actuellement et d’arrêter de me battre avec et de l’analyser dans tous les sens ».

 

Malgré tout, je le sais que ça va revenir, un jour! Les chances sont que ça reviennent. J’ai fait deux épisodes dépressifs en bas de l’âge de 30 ans et c’est génétique aussi, dans mon cas. En général, plusieurs dépressions se déclarent entre 18 et 25 ans. Les probabilités jouent contre moi. Avant, ça me stressait beaucoup : dès que j’avais une mauvaise nuit ou un symptôme d’anxiété, je me disais que je commençais une dépression.

"Maintenant, j’essaie d’observer plus mes pensées que de me battre avec elles." 

Je suis beaucoup moins stressée avec ça. Je me dis que si ça revient une troisième fois, ça va passer encore.

 

Pour les personnes anxieuses, la tombée du jour est une période où l’anxiété peut monter.

"L’hiver avec ses journées plus courtes, ça crée des plus longues périodes d’anxiété. Que ça soit inconsciemment ou non." 

Ce qu’il est important de retenir, c’est qu’il ne faut pas se sentir coupable de faire ce qu’il faut pour s’en sortir. On ne peut pas se sortir d’une dépression ou une d’une dépression saisonnière seul… Honnêtement, pour l’avoir vécu, quand tu es dedans, tu as vraiment l’impression que tu ne t’en sortiras JAMAIS. Que c’est peine perdue.

"Tu en viens à avoir des idées noires. Je n’en ai jamais eu jusqu’à me dire que j’allais passer à l’acte, mais c’est arrivé à quelques reprises que je m’imaginais pendue dans mon sous-sol… Ça peut devenir aussi intense que ça."

Tu te couches en petite boule et tu as l’impression que tu ne peux plus rien faire. Puis, un jour, tu vas réaliser que tu as eu une bonne heure dans ta journée. Le lendemain, ça sera peut-être 1 h 15 et la semaine suivante, peut-être que tu auras deux bonnes journées complètes. Ça finit par revenir complètement.

 

"Je me souviens que c’était le printemps. Je commençais à regarder dehors. Le soleil. Les bourgeons. J’ai commencé à regarder plus autour de moi et à prendre des marches, tranquillement et sans but, simplement pour observer…"

Je me faisais un devoir de me faire un petit plaisir par jour. Des fois, c’était juste une marche pour aller m’acheter une palette de chocolat au dépanneur! J’adore le café, alors puisque j’étais en arrêt de travail, je prenais ma voiture et j’allais essayer un nouveau café. Ça me faisait sortir de chez moi. Au début, tu n’y prends même pas plaisir. Puis, ça commence à te faire du bien et tu réalises que tu vas aller mieux, petit à petit…

Pssst. Est-ce que je te l'ai dit que ça fini toujours par passer?

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