Je m'en mets trop sur les épaules

Maude Bergeron

Le

je réfléchis trop - les folies passagères

Après toutes ces années à m’exiger la perfection professionnelle et scolaire, j’ai réalisé que je suis une personne qui s’en met pas mal trop sur les épaules.

 

C’est un peu bizarre parce que j’ai souvent pensé le contraire, jusqu’à tout récemment. J’avais cette grande tendance à dévaloriser mes réalisations, à sous-estimer mes capacités, à me culpabiliser, à me blâmer et surtout : à penser que je n’en faisais jamais assez.

 

Je suis comme ça depuis le primaire. Déjà, à l’époque, j’avais l’impression que je devais avoir les meilleures notes pour être considérée comme une bonne enfant. J’associais les réalisations, les notes et les succès scolaires à ma valeur, mais aussi à la manière qu’on me percevait. J’étais convaincue que je ne valais rien du tout dès le moindre changement dans mes performances.

 

Après mes études au Cégep, j’ai commencé à avoir mes premiers symptômes difficiles de troubles de santé mentale, combinés à des maladies physiques qui m’affectaient depuis l’enfance. J’ai dû faire face à une réalité éprouvante qui m’a rattrapée, et j’ai vécue plusieurs arrêts de travail durant de nombreuses années.

 

Maude Bergeron - Les folies passagères

 

Je croyais avec fermeté que c’était de ma faute. Que c’était parce que j’étais clairement moins bonne que tout le monde.

 

C’est seulement depuis un an environ, que j’ai compris que j’étais perfectionniste à un point extrême. Que je ne m’autorisais rien d’autre que le succès, et qu’il devait arriver très vite. Pour y parvenir, je dépassais mes limites personnelles de tous bords tous côtés, puis je finissais par m’effondrer, complètement vide et épuisée.

 

Je m’en mets encore trop sur les épaules aujourd’hui. Le fait d’avoir compris que je suis excessivement exigeante envers moi-même m’aide à détecter ces signes d’alarme, ces petites preuves que je ne m’écoute pas assez. Je constate mieux qu'avant que lorsque je suis irritable, tourmentée par le manque de temps et par les événements futurs, c'est le moment de ralentir. Je dois constamment être à l'écoute de mon corps et de ma tête pour bien voir comment je me sens. C’est un pas vers l’avant qui fait une différence marquée et qui m’évite la fatigue intense comme avant.

 

J’ai encore cette tendance à toujours vouloir en faire plus, à être convaincue que je n’en fais pas assez. Je cumule les projets avec rapidité, avec ces pensées fortes que je dois impérativement tout conclure dans un délai record.

 

Ce type de pensées est très fréquent dans notre société qui valorise la performance au détriment de la santé, à grands lancés de préjugés partout. On nous bombarde de jugements depuis toujours, et on en vient à croire que c’est nous le problème. Ce n’est pourtant pas le cas.

 

Maude Bergeron - Les folies passagères

 

Si toi aussi, tu t’en mets trop sur les épaules comme moi, tu dois savoir que ta valeur n’est pas définie par ton niveau de productivité. Tu es une bonne personne, peu importe tes réalisations scolaires et professionnelles ou encore ton état de santé. Tu n’es pas faible si tu as besoin de ralentir la cadence ou de prendre un temps d’arrêt.

 

Même si j’entretiens encore des pensées de perfectionnisme dans ma tête, j’essaie de déconstruire tout ça au quotidien. On a le droit de retirer quelques-unes des mille briques qu’on s’empile sur le dos à tous les jours. On a vraiment le droit de penser à notre santé pis notre bien-être. Ce sont des choses complètement prioritaires pour nos vies entières qu'on ne doit pas oublier.

 

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