Le jour où j'ai décidé de faire euthanasier mon chien

Valérie Roberts Valérie Roberts

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Chien à Valérie Roberts

C'est la journée où j'ai vécu le plus grand chagrin. Et je ne pensais pas raconter cette histoire ici, dans un blogue.

Mais en ces temps où l'on veut interdire plusieurs races de chiens, en ces temps où l'on voit de plus en plus de gens se débarrasser de leurs animaux de compagnie après quelques mois, j'ai décidé de partager la fin de ma plus grande histoire d'amour. Celle que j'ai vécue avec mon adorable chien, Princesse. 

 

Quand je l'ai adoptée, elle avait deux mois. Avoir un Yorkshire, c'était le rêve de ma vie. Ma mère n'avait jamais voulu que ma soeur et moi adoptions un animal de compagnie... elle savait trop bien que c'est elle qui finirait par s'en occuper.

Mais, après lui avoir demandé un chien chaque jour depuis ma naissance (genre), elle a fini par me dire «ok, tu peux aller en adopter un», un dimanche après-midi. Je déménageais en appartement pour la première fois dans deux mois, elle savait qu'elle n'aurait pas à endurer mon chien trop longtemps, c'était ma chance.

Quatre heures plus tard, j'avais Princesse. 

 

Princesse, c'est l'animal de compagnie qui m'a accompagné pendant toute ma vingtaine. C'est avec elle que j'ai vécu les grands bouleversements qui sont caractéristiques des années qui s'écoulent entre 20 et 30 ans. C'est à ses côtés que je me suis ramassée toute seule à Ottawa, à revenir dans un appartement crade après une journée de travail. Elle était heureuse de me voir, chaque jour. 

C'est à ses côtés que j'ai vécu ma première peine d'amour, c'est à ses côtés que j'ai vécu des journées désastreuses, c'est aussi à ses côtés que j'ai passé des matins doux et que j'ai déménagé dix fois en deux ans. Elle était heureuse d'être avec moi, chaque fois. Et j'étais privilégiée de vivre à ses côtés, à chaque instant. 

Princesse, c'était ma partner

 

 

Un jour cet été, Princesse m'a envoyé plusieurs signes... elle n'était plus bien. Je vous épargne les détails (c'est égocentrique, c'est parce que je vais m'épargner trop de larmes en écrivant ces lignes), mais j'ai dû la laisser partir le 10 août 2016. 

 

Une photo publiée par Valerie Roberts (@robertsval) le

 

Ce jour-là, j'ai fait le geste que je considère le plus brave de ma vie: j'ai permis à mon chien de ne pas souffrir. J'ai décidé de l'accompagner dans ses derniers moments, avec le vétérinaire le plus empathique que j'ai eu la chance de rencontrer, pour que Princesse finisse sa vie sans avoir mal. J'aurais été égoïste de la garder près de moi en sachant très bien qu'il n'y avait rien à faire et qu'elle souffrait. 

....

Si je vous raconte ça aujourd'hui, c'est simplement pour conscientiser «les gens». Ceux qui sont pour l'idée d'interdire certaines races de chiens, ceux qui adoptent un animal et s'en débarrasse quelques mois plus tard. Je le sais, je les vois ces temps-ci parce que j'ai le goût d'adopter un autre chien et que je constate que trop d'humains veulent se départir d'un animal de compagnie par manque de temps

J'ai décidé de faire euthanasier mon chien cet été parce que je l'aimais d'un amour sincère. Un chien peut vous permettre de vivre une relation formidable.

Donc s'il-vous-plaît, ne faites pas en sorte que certains propriétaires ne pourront pas conserver leur chien. Et réfléchissez avant d'adopter une petite-boule-de-poil-trop-cute-qui-fera-de-belles-photos-Instagram-mais-que-je-dois-aller-faire-courir-une-heure-par-jour-oh-my-god-c'est-beaucoup-trop. 

Parce que parfois, quand ça clique entre un humain et un animal, ça peut engendrer dix ans de pur bonheur. 

Je t'aime Princesse. 

 

Par Valérie Roberts

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