L’intimidation et la violence chez les filles

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Chicane filles

Les corridors d’école ne résonnent malheureusement pas que de rires, de confidences chuchotées et de portes de casiers fermées avec vigueur, à la fin de la journée… On y entend aussi des mots durs, qui font mal, lancés  aux visages de camarades de classe ou même à des amis. La violence chez les adolescentes est un sujet beaucoup moins abordé que celle chez les garçons, pourtant, elle est aussi préoccupante!

 

Intimidation

Crédit photo: Thinkstock

 

 

Un phénomène inquiétant
Au Canada, un adolescent sur trois révèle avoir été victime d’intimidation, à l’école. 43% des jeunes âgés de 13 à 17 ans confient avoir été victimes d’intimidation via le web. L’intimidation touche effectivement tout le monde, personne n’en est à l’abri, ni les gars ni les filles, comme le démontre d’ailleurs le nouveau livre de Jasmin Roy, #Bitch : Les filles et la violence (publié aux Éditions de l’Homme). On dit même que les filles en seraient davantage victimes que les gars (à 59% contre 41%)! L’intimidation peut se présenter sous plusieurs formes et la cyberintimidation est un phénomène qui a fait son apparition au cours des dernières années, Internet étant de plus en plus accessible (à la maison, à l’école, sur les téléphones intelligents, les tablettes, etc.). « Les filles ont tendance à cyberintimider davantage que les gars. Pourquoi? Parce qu’elles socialisent leur violence. Elles ont besoin d’alliés, car il y a une culpabilité chez la fille qui va utiliser la violence… Des études démontrent que la violence sociale psychologique laisse plus de séquelles sur la santé mentale. Il y a plus de conséquences à cette violence-là, à long terme », explique Jasmin Roy. Certains gestes peuvent sembler anodins, comme se moquer des vêtements d’un camarade de classe, publier des photos visant à ridiculiser quelqu’un via Facebook ou Instagram ou crier des insultes aux autres joueurs d’un jeu-vidéo en ligne, mais ils représentent tous une forme d’intimidation.

 

Les filles et la violence
Certaines personnes ont tendance à croire que la violence est moins présente chez les filles que chez les garçons, mais c’est simplement car elle peut être moins visible… Les filles n’utilisent peut-être pas leurs poings pour régler leurs différends, mais leurs paroles sont aussi blessantes. « Dans mon livre, je parle de la relation que les filles entretiennent avec la violence. Cette banalisation des mots comme bitch, pute et salope, utilisés aussi pour marquer son amitié, son affection envers quelqu’un. Chez les garçons, c’est un phénomène qu’on ne voit pas. Un gars n’ira jamais dire à son meilleur ami qu’il est son fif ou sa tapette! Les filles, elles, laissent toujours planer un doute : t’es ma pute et ma salope quand t’es mon amie, mais aussi quand t’es mon ennemie », observe M. Roy. Pour chasser l’ennui sur l’heure du dîner, pour sentir qu’elles ont l’approbation de leur gang ou pour ne pas être celle qui se fait pointer du doigt en riant, les filles ont recours à cette forme de violence indirecte. Cette manipulation, ce besoin d’appartenance font en sorte que, du jour au lendemain, une amie peut devenir une ennemie. « Ce qui est troublant, c’est que les filles sont en déficit d’estime d’elles-mêmes… Il y a une croissance des troubles alimentaires, de l’automutilation et de la violence dans les rapports amoureux à l’adolescence. Dans leurs manifestations, on ne voit aucun outil qui va leur permettre d’avoir une meilleure confiance en elles. Ce n’est pas en te traitant de pute et salope que tu vas augmenter ta confiance, dans la vie! Aussi, quand tu te trouves trop bonne à l’école, tu peux te faire tasser, ostraciser. Ce qui est dommage c’est que, encore en 2015, quand une jeune fille manifeste trop de confiance en elle, ça peut lui nuire plus que de l’inciter à faire partie d’un groupe », ajoute M. Roy.

 

Quoi faire?
Si tu es victime d’intimidation, ce n’est pas à prendre à la légère! Ne te dis pas que ça va finir par s’arrêter, un jour ou l’autre. Le plus important est de ne pas embarquer toi-même dans le jeu de la personne qui t’intimide… Oui, il est tentant de répliquer, verbalement, physiquement ou en utilisant les réseaux sociaux, à ton intimidateur, mais sois plus fort que cette personne et ne le fais pas! Ensuite, conserve tous les messages que la personne qui t’intimide t’envoie, puisqu’ils peuvent servir de preuves. Puis, n’aie pas peur d’en parler. Que ça soit tes parents, ton grand frère ou ta grande sœur, un enseignant en qui tu as confiance ou même la police dans le cas de menaces graves, rappelle-toi que la meilleure façon de mettre un terme à l’intimidation est d’en parler!

 

Cyberintimidation

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Quelques trucs pour prévenir la cyberintimidation
Tu connais l’expression : « Vaut mieux prévenir que guérir »? Eh bien, elle s’applique à la cyberintimidation! Tu peux, pour se faire, poser quelques gestes assez simples… Par exemple, ne donne pas tes mots de passe à tes amis, ne fournis pas de renseignements trop personnels sur toi (ta date de naissance, ton adresse, le nom de ton école, etc.), sélectionne avec soin les photos que tu publies, n’accepte pas « comme ami » quelqu’un que tu ne connais pas, familiarise-toi avec les paramètres de sécurité et de confidentialité des différents réseaux sociaux et assure-toi toujours de cliquer sur « déconnexion » avant de quitter l’ordinateur ou de laisser ton téléphone hors de ton champ de vision. Ainsi, personne ne pourra utiliser ton compte Facebook en se faisant passer pour toi!

 

Quelques liens utiles
Si tu es victime d’intimidation ou que tu souhaites aider un ami, rassure-toi : plusieurs ressources sont à ta portée.


- Jeunesse J’écoute : 1-800-668-6868
- Fondation Jasmin Roy
- Tel-jeunes
- Cyberaide
- Service de police de la ville de Montréal SPVM

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