Comment survivre aux gens qui aiment pas ça, la neige... avec Catherine Éthier

Catherine Éthier Catherine Éthier

Le

Chat fâché neige catherine éthier

Doux novembre à vous (pas la vue avec Charlize Theron, LE SOUHAIT). Alors. Comme l’an passé à pareille date, les cieux ont recouvert tes bégonias d’un petit coat blanc et que les flaques en sloche de coins de trottoirs sont apparues avec majesté, celle-là-mêmes dans lesquelles oui, Suzie, tu t’es déjà enfoncé la godasse huit fois jusqu’aux ouïes dans la plus grande félicité (une félicité humide et très, très fraîche).

C’est que l’hiver est arrivé tôt, cette année. Comme ça arrive, en novembre.

LE TRUC DE FOU.

Et ce qui est toujours un peu surprenant avec ces affaires de fou-là, c’est que t’auras beau te brandir l’index bien haut, toussoter avec appétit dans tes petites mains en forme de cône, écrire à Colette Provencher, te faire teindre une couple mèches chunky blondes sur fond de rouquine pis te faire faire une petite coupe asymétrique et demander à voir le gérant...

Coupe de cheveux type de cette dame qui veut parler au gérant

Petit Petit gamin

Y VA NEIGER PAREIL.

L’hiver se rit de toi, Suzie. Même si ton chien suit ta p'tite coupe.

La coupe type du chien de la dame qui veut parler au gérant

Reddit

T’as beau ne pas aimer ça, trouver que ça te mine le teint et les plans de pas-de-bas-dans-tes-loafers, il revient chaque année, paisiblement, sans te consulter (le gougeat!). Tu sais, c’est une histoire de révolution autour du soleil, là. Une affaire qui dure depuis une couple de milliards d’années.

Bon. Alors si tu ne t’appelles pas Suzie mais que tu dois tout de même te les farcir au quotidien, voici les deux seuls truquets (ça, c’est de très, très petits trucs); vaincre l’adversité par l’idée mince et le torse fier que j’ai trouvés pour survivre aux êtres vains qui détestent l’hiver avec passion.

Truc phare #1 : le petit chocolat creux

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La victime de base est-elle en floraison sur ton fil Facebook? C’est que depuis que le dernier forain a roulé la grande banderole d’Osheaga pour la storer dans l’garage des rêves brisés et des vieilles canisses de Lacroix vides, les choses ne sont plus pareilles. Ainsi, au premier flocon hâtif, que dis-je, au premier floconito, la victime de base se rue sur son clavier pour nous expliquer toute la surprise, le désarroi pis la stupeur avec laquelle elle (ELLE!) subit l’arrivée de l’hiver qui s’abat sur son été. L’hiver qui bouleverse ses plans à elle. Parce que la victime de base est la seule à dégivrer son char et à avoir de la buse dans ses lunettes quand elle entre chez Tim :

« Ben voyons donc que je peux pu faire mes OOTD sur une belle balançoire deware sans avoir du frimas sur mes belles grand’ pattes dorées. QU’ON ME RAMÈNE ILLICO LES PIQUE-NIQUES DE JANVIER. » #etquonliquideceforaintueurdOsheagaetderêves »

À ces délicates gens qui, chaque année, sont happées par les grands constats météorologiques avec la même violence que ce jour où ils découvrirent que Marina Orsini n’était pas un band de métal manouche, offrez un Kinder Surprise.

Ils seront tellement choqués de trouver un jouet pis des instructions simples dans un chocolat creux qu’il seront terrassés par un puissant choc vagal et cesseront toute geignardise sur la neige, le givre, le froid, l’hiver pis les traces de calcaire sur leurs mocassins Michael Kors.

UNE BONNE AFFAIRE DE FAITE.

Truc phare #2: le gothisme de Noël

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Il y a les gens qui disent « chésseuse ».

Il y a ceux qui ne peuvent supporter la vue d’un arbre fraîchement planté dans un parc sans s’arracher les poumons à hurler « J’ai payé ça avec mes taxes! C’EST MES TAXES, ÇA!!! ».

Et il y a ceux qui se refusent et se refuseront jusqu’au trépas de prononcer le mot « neige ». Non, le mot neige, c’est trop violent pour eux. Ça vient taquiner de vieilles angoisses de chaussons de feutrine mouillés dans leur bottes d’hiver et les films d’affaires de contes de Noël où Edouard a les mains d’argent et cisèle de la glace en délicats flocons qui virevoltent sur la ville endormie, ça les enrage nouère.

Dès qu'il est question de neige, il semblerait qu'un seul assemblage de mots peut servir à exprimer le phénomène météorologique qui recouvre leur pelouse (attention, cachez enfants et mamies noël) : « marde blanche » (à ne jamais prononcer trois fois devant le miroir).

Oh, l’assemblage est certes heureux. Raffiné. Stellaire. Et il semblerait que dès qu’on commence à insérer ces deux mots-là dans notre parlure, ON NE PEUT PLUS S’ARRÊTER:

« Ah ben calvaire, l’astiche de perron est recouvert de MB !!1! #jaimislefeuàmonsofa »

« Les astiche skieux doivent être contents là, les montagnes sont recouvertes de MB (╯°□°)╯︵ ┻━┻ »

« Eille j'ai été obligé de mettre ma suit pour aller dégraisser mon truck de toute c’te tabarli de MB-là. MAUDITE VIE DE CHIEN MA BERLINE EST GLACÉE DE MARDE #touchepasàmesessieux »

Je choisis d'écrire MB non pas par pudeur, mais parce que cette expression me donne envie de me sacrer dans le courant. Et ça, ils le savent. Chaque fois ces mots prononcés, leurs yeux pétillent. Ils se sentent furieusement EDGY. On les écoute et les regarde enfin. Ils se prononcent sur le monde et surtout, sur des enjeux sur lesquels ils ont du pouvoir: LA NEIGE.

Enfin.

Il n’existe pas yâbe de remède pour redonner ivresse et pertinence de vivre à ces malheureux, mais je propose, tout de même, parce que je suis être de lumière et de ressources des pauvres, qu’à la seconde où le sulfureux duet de mots « marde blanche » est prononcé dans une de leurs prises de positions de citoyens du monde, que vous appuyiez sur play sans retenue:

Il auront désormais l’impression de célébrer pleinement le gothisme de leur âme, mais en nageant vers la lumière SANS LE SAVOIR.

Oh, la douce victoire.

Allez. Bonne chance.


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