Comment j’ai commencé à comprendre que je souffrais de troubles de santé mentale

Maude Bergeron

Le

tête piscine - Les folies passagères

J’étais très jeune lorsque j’ai commencé à avoir des questionnements par rapport à certaines choses que j'vivais à l’intérieur de moi. Je ressentais de l’anxiété et beaucoup d’insécurité, dès le début de mon adolescence, sans en comprendre pourtant les raisons. Même enfant, j’avais beaucoup de frayeurs variées. Je ne tolérais pas les changements rapides et subis dans ma routine, pis j’étais terriblement exigeante envers moi-même.

 

À l’époque, je ne connaissais pas vraiment ce qu’étaient les troubles de santé mentale, mais tout ce que j’entendais n’était pas ben ben positif. Des préjugés, des tabous, des choses complètement fausses, mais qui constituaient quand même une vision répandue dans la société durant ces années-là. On ne se le cachera pas, c’est encore très, très, très stigmatisé et jugé aujourd’hui, même s’il n’y a aucune raison que ce soit le cas.

Dans les situations qui me créaient de fortes émotions, je percevais tout avec beaucoup de dévalorisation envers moi-même. J'me sentais pas bien dans les contextes sociaux et j’avais terriblement peur du jugement des autres.

Au milieu de mon adolescence, lorsque les histoires d’amour et d’amitié ont commencées à être plus sérieuses et intenses (a.k.a. lorsque je suis tombée pas mal beaucoup en amour), j’ai ressenti des choses puissantes et difficiles à expliquer. Je vivais des tristesses extrêmes lorsque j'faisais face à un rejet et j'me sentais parfois vide. Ce n’était pas dramatique puisque j’étais fonctionnelle, mais j'croyais fermement être responsable de toutes les choses ardues que je pouvais vivre. Un sentiment d’échec suivait mes journées, et c'était pas bien agréable.

Les symptômes d'une dépression 

Dès l’arrivée du cégep, les symptômes se sont accentués. J’ai vécu une longue période durant laquelle j’étais épuisée, démotivée et complètement déprimée. La simple idée de devoir sortir de mon lit pour aller suivre mes cours me terrifiait et me créait de l’anxiété excessive. J’étais en dépression, mais je ne le savais pas.

 

J’ai passé plus d'une année complète dans cet état. Je n’en parlais à personne, parce que j’étais convaincue que le problème, c’était moi. Que j’étais lâche et moins douée que les autres.

Ma condition a fini par changer radicalement et j’avais envie de sortir avec mes proches, de faire des activités. J'me sentais mieux, et je croyais enfin que tout était derrière moi. 

Et puis, surprise surprise. Un an plus tard, des épreuves éprouvantes se sont présentées dans ma vie, pis je peux te garantir qu'elles n'étaient pas invitées, ni les bienvenues. Les choses ont basculées radicalement et j'me suis retrouvée dans un état de souffrance psychologique constant et encore pire qu'avant.

Je n’allais vraiment pas bien, mais je ne voulais pas que ça se sache. J’essayais de camoufler tout, d’avoir l’air heureuse, de faire des p'tites blagues. À l’intérieur de moi, je ne ressentais que des émotions négatives.

J'avais envie de pleurer all day everyday. Une boule d'angoisse avait grandi dans ma poitrine, créant un énorme vide que je tentais de combler de différentes manières. Des manières qui me causaient encore plus de difficultés.

 

Les années se sont accumulées et succédées sans que j’obtienne de soutien professionnel, et ma situation s’est énormément dégradée avec le temps. J’étais rendue dans un état pénible lorsque j’ai été hospitalisée plus tard, puisque rien n'allait plus. J'étais en arrêt de travail, et mon quotidien était devenu invivable.

On a posé des diagnostics durant ce séjour hospitalier et j’ai enfin pu mettre des mots sur les douleurs que je vivais. Ça m’a soulagée sur le moment, et j’ai ensuite commencé tranquillement diverses thérapies.

Les préjugés face aux troubles de santé mentale

Je savais depuis plus d’une dizaine d’années qu’il y avait une chose que je n’arrivais pas à nommer qui rendait mon quotidien si ardu, mais les préjugés projetés dans la société me signifiait que c'était moi le problème. Que ma personne entière était bizarre, lâche, inférieure, faible et dont ben fuckée.

C’est précisément ce type de pensées qui sont entretenues envers les personnes touchées par des troubles de santé mentale dans l’imaginaire collectif de la société.

 

Et moi, comme trant d'autres personnes, j’ai souffert pendant plus de dix ans dans la solitude et l’anxiété parce que j’étais convaincue que j’étais fautive et coupable. J'en étais rendue à croire tous ces jugements ignobles. Je croyais qu’il n’y avait rien à faire, que les choses n’iraient jamais mieux.

Aujourd’hui, je vais mieux. Tellement mieux. Les thérapies m’ont aidées, et je consulte encore une psychologue actuellement. Ça me fait du bien, et je peux maintenant affirmer que c’est vrai que les choses peuvent s’améliorer, même lorsqu’on est convaincu.e du contraire.

Tu n’es pas faible, lâche, problématique et étrange

Je souhaite donc te dire à toi qui vit des moments éprouvants, qui ne comprend pas toujours ses émotions, qui ne se sent pas bien ou qui subit des difficultés quotidiennes : tu n’es pas faible, lâche, problématique et étrange. Tu n’es pas coupable des difficultés auxquelles tu fais face. Peu importe ce qu'on te dis les jugements qu'on te lance, tu es une personne importante et respectable.

Tu vaux énormément. Ton bien-être est une priorité, tout comme ta vie entière. Tu as le droit d’obtenir de l’aide et de parler de ce que tu ressens.

Tu n’es pas un fardeau pour qui que ce soit, et tous ces préjugés qu’on peut entendre sont faux. Tu es une personne merveilleuse, et tu mérites qu’on t’offre du soutien. Sincèrement, tu en vaux la peine.

Pour consulter des liens comprenant des ressources en santé mentale au Québec, tu peux cliquer ici et ici.


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