Féministe frustrée: METS-EN!

Maude Bergeron

Le

Féministe frustrée - les folies passagères

J’imagine que tu as déjà entendu la fameuse expression «féministe frustrée», qui court les rues ces temps-ci avec la montée des mouvements militants sur les réseaux sociaux. As-tu remarqué à quel point c’est utilisé d’une manière péjorative, comme si le fait d’être frustrée pis de ressentir de la colère était inapproprié?

Et puis, si j’comprends bien toute la patente, les femmes* ont pas le droit d’être en colère pis de se fâcher. Les hommes eux, ils ont le droit? On dirait ben que oui, parce que c’est jamais mal vu un homme en colère. Grrrr, c’est masculin la frustration, T’SÉ.

Mais là, comme je suis en éternelle questionnement, y’a tu quelqu’un quelque part qui voudrait bien m’expliquer pour quelle raison valable et pertinente c’est mal de ressentir une révolte face aux inégalités et aux injustices? Personne? Allô? Quequ’un?

Ben oui, c’est ça. Il n’y a aucune raison de condamner cette frustration face aux problèmes sociaux.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Le féminisme, à la base, ce n’est pas simplement un mouvement pour faire la promotion de l’égalité entre les femmes pis les hommes. C’est vraiment beaucoup tellement com-plè-te-ment plus que ça.

Le féminisme, c’est le mouvement nécessaire au bien-être de toutes les personnes qui vivent des injustices quotidiennes : femmes*, personnes LGBTQ+, personnes racisées, personnes grosses, personnes en situation de handicap, personnes vivants avec des troubles de santé mentale et/ou physique, entre autres.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Avec toutes les choses horribles qui sont vécues partout sur la planète par ces personnes qui sont marginalisées, on a toutes les raisons du monde d’être en sacrament. On a le droit de ressentir de la frustration, mais on a aussi le droit de l’exprimer, de scander haut et fort notre désaccord avec toutes ces affaires crasses qu’on voit passer.

Et puis, pourquoi est-ce que le fait de parler de cette rage interne est automatiquement associé au fait d’être frustrée sexuellement ou encore dans son SPM? Serait-ce une p’tite touche de sexisme que je dénote ici? OUI.

C’est atrocement sexiste de prendre pour acquis qu’une femme* qui se frustre est automatiquement en manque sexuel ou dans son cycle menstruel. C’est insinuer directement qu’une vraie femme bonne et agréable doit se taire, acquiescer et ne jamais se révolter.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Alors moi, devant cette pluie de «féministe frustrée» lancée à coups d’insultes, ça me donne seulement encore plus le goût de crier que oui, je suis une féministe frustrée. Pis avec raisons à part de ça.

Soyons frustrées fâchées enragées à la vue des violences propagées. C’est uniquement en réagissant face aux inégalités qu’on pourra un jour enfin les abolir.

Je suis une féministe frustrée. Pis toi, est-ce que tu l’es?

*Le mot femme est utilisé dans le texte, mais toutes les personnes qui s'identifient autrement sont incluses dans le propos : personnes trans, non binaires, agenres, etc.


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