Comment survivre aux règles impromptues

Catherine Éthier Catherine Éthier

Le

règles

Heureux coucou d’une main gantée qui s’agite avec frénésie! Mais quel titre PHARE, me chuchoterez-vous aux osselets. Oh, vous avez raison. La menstruation, cette hyène qui nous dévore le creux en prenant soin de hurler chaque fois qu’on tire sur la cordelette d’un tampon n’est, hélas, pas un sujet de prédilection.

C’est que ce sang qui s’échappe comme champelure de l’entrecuisse d’une vestale doit être tu, sauf si ladite vestale s’évertue à nous faire croire qu’elle pratique son pilates au sommet d’un volcan, ses belles grands’ pattes de femme active autour du cou dans une pub de serviettes sanitaires pour dames souriantes avec ailes (et où ladite menstruation est interprétée par un fluide bleu, hygiénique et cristalin pour ne pas froisser les âmes qui, au fond de leurs tchulottes, ne vivent pas les sauvages délices de la libération d’un œuf sale sale sale tous les sapristis de mois).

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Tout ceci est CAPTIVANT. Certes.

Mais malgré la pratique, les années de manipulation origamiques de Diva Cup et malgré toute la passion avec laquelle on peut tâcher d’éviter les pantalons blancs comme crucifix dans une messe noire, il arrive que le fruit de tes canaux ait envie de VOIR LE MONDE.

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De faire sa petite sortie et d’ébouir collègues de bureau et ténébreux Jean-Claudes qui attendent derrière toi dans la file de l’épicerie. Devant une fuite impromptue, par réflexe induit par la société qui nous dicte d’en avoir très honte et de cacher illico la sorcellerie qui jaillit de cette vilaine fourche, l’instinct premier de toute ouaille est de :

  • Paniquer
  • Hurler en silence pour libérer le stress sans attirer l’attention
  • Repérer tout chandail à manches longues qui passait par là pour se le wrapper autour de la taille et faire croire à tout regard qui se pose sur ta chute de reins que ce coton ouaté turquoise des Îles-de-la -Madeleine noué autour de ta robe cocktail était prévu depuis la Saint-Jean.

POURQUOI TANT DE HONTE?

Mais surtout, comment survivre à ce grand péril féminin?

1. La mappemonde 

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Dès les premières lueurs de la fuite, pas de panique, Suzie. Tu es propre, tu es belle, tu es importante. Mais t’as une tache dans le fond de culottes. Pourquoi ne pas la célébrer? Après tout, elle ne s’est pas frayé un chemin dans ton canyon pour se voir pointée, instagrammée en secret et devenir risée au département de la comptabilité.

DIVERTIS TES COLLÈGUES (ils n’attendent que ça. Ça, le buffet de fête de Jacqueline et le jeudredi). Grimpe comme une furie pétrie de grâce sur ta chaise, ton bureau, ton pouf ou toute surface ne risquant pas de sacrer le camp et demande aux gensses qui t’entourent de deviner quel état tu as réussi à tracer avec tes propres fluides et une agile poussée périnéenne.

Je te promets que personne ne rira de ta fuite rougette quand on aura constaté que tu kickes de sérieuses miches le moment venu de dessiner le Delaware avec ton sang.

2. La voiturette 

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Tu ne feels pas très Normand Bratwaithe ce jour-là? Nul besoin de monter sur une chaise en jouant des marimbas pour célébrer tes règles. À la moindre moiteur involontaire au niveau du siège, channel plutôt ton petit Michel Barrette intérieur et saute dans ta berline!

OUI. Dès que ce texte sera publié, chaque bureau de chaque ville de chaque milieu de chaque pays devra obligatoirement mettre à la disposition de ses employées/clientes/passantes-venues-nourrir-les-daims une petite voiturette de carton avec des bretelles, vous savez, du type boîte à savon avec une petite touche de baril-à-bretelles dont les gens dans le trouble se retrouvent vêtus dans les bars clandestins.

Ce jour-là, tu n’auras pas une fuite. TU SERAS LOUISE à bord de sa décapotable, en route pour ramasser Thelma et vous payer un cornet dans le Nevada en tirant du gun dans les airs, la pédale dans le sapristi de tapis.

Une fuite? Non. UNE ENLEVANTE ESCAPADE.

3. Le petit Baileys 

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Bon. Le grand problème quand nos règles deviennent apparentes, c’est, bien sûr, un peu de savoir quoi faire avec du bicarbonate de soude, du citron et de la sauge pour faire partir la tache sur ta belle jupe lilas. Mais c’est surtout les autres.

Ces autres qui, dégoûtés par la grande révélétation du cycle de la vie qu’on devrait garder pour soi, pointeront (toujours en silence parce qu’à quoi bon prévenir une fille avec qui tu n’as aucun lien de parenté que son palazzo est souillé) ton arrière-train en se réjouissant de ne pas être toi et surtout, en montrant au monde entier à quel point à eux, ÇA N’ARRIVERAIT PAS.

Parce qu’ils savent faire.

Ils savent prévenir ça, une contraction utérine. Et ils savent se tenir devant le grand’ monde sans donner envie à autrui de renvoyer dans sa sacoche.

Pas de souci. Sers-leur un petit verre de Baileys. Absolument ! Ça les détendra un peu, ils se sentiront importants, célébrés et uniques mais surtout, ils se mettront à puer du casseau en un tournemain. Parce qu’une lampée de Baileys, ça te peuple une flore buccale de toutes sortes de petites surprises qui font des mains jazz en tuant toute forme de vie à trois mètres à la ronde.

Tu auras peut-être taché ta chaise de bureau. Mais eux, dégageront le bouquet de gingivite que seuls les vainqueurs méritent. Sournoise enjôleuse, JE T’AIME.

Et voilà! Sereines, fortes et souillées, NOUS VAINCRONS.


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