Comment survivre à un patron sexiste... avec Catherine Éthier!

Catherine Éthier Catherine Éthier

Le

Ron Burgundy

Belles cailles! Je suis si ravie de me faire aller la plume en cet espace effervescent comme un crème soda. Merci de m’y accueillir! ALORS. Astheure que j’ai grassement oscillé des sourcils, passons au vif de la cuisse. En cette fin d’été et de valses ininterrompues de bermudas taille haute, certaines d’entre vous rentrez sans doute au travail. Vous abandonnez aux plaisirs discrets d’un stage. Ou poursuivez simplement votre chevauchée céleste vers ce poste qui vous permettra de mettre vos pieds su’l bureau et vos petites mains derrière le crâne en murmurant : I MADE IT. Hourray!

Cependant.

IL Y A (HÉLAS) UN CEPENDANT.

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Il se peut que, parcours faisant, vous croisiez sur votre chemin un bougre de supérieur, un patron, un boss ou un être vêtu d’un complet Moores qui saura, ou du moins, qui tentera de vous remettre à votre place à la moindre occaze. À votre place de madame. De femme. De petite fille fragile. Voici donc, en quelques soubresauts, un bref guide de survie pour garder la tête hors des latrines en cas de patron/collègue sexiste.

1. Le petit sobriquet réducteur 

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Aaaah... Qui n’a jamais été accueillie, avec la bienveillance d’une hyène, par un sulfureux « Allô ma belle! », « Bravo, ma cocotte » ou un oscarisable « C’est du beau boulot, ça, ma chérie!!! »? Bien que, sur le coup, ce genre de petit nom triple-crème peut être perçu comme une petite charrette de chaleur à ton égard, sache que « MA BELLE FILLE », c’est rarement un hommage au « avec distinction » inscrit sur ton diplôme de baccalauréat encadré dans de la dorure sur le foyer de tes parents.

Alors. Chaque fois qu’un monsieur osera un autre « honey-bunny love love » en s’adressant à toi avec son sourire jaune maïs en crème, montre-lui, AVEC L’ASSURANCE D’UNE FAUVE, ton nouveau macaron de Guildor Roy dans son personnage du Commandant Chiasson dans District 31.

Un seul regard suffira pour que, petit a) ton patron humidifie ses fruit of the looms à la vue de celui qui a éliminé le meurtrier de Nadine Legrand en cagoule tricotée sur une toune de Fastball. Et petit b) il se mettra subitement à te vouvoyer et à cesser d’uriner en spray sur la lunette des WC. Une douce victoire à célébrer avec un sac de cheetos et un vidéclip de Queen Latifah.

2. « Elle doit être dans sa semaine, la p'tite» 

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Le bonheur que cette phrase me procure me donne envie de m’asseoir lentement sur un sabre. Être affirmée, se mettre en colère contre une politique x, prendre sa place dans une réunion ou même laisser ta petite veine frontale se gorger du sang de l’inspiration pis de la fougue, pour une femme, c’est souvent considéré comme de l’hystérie.

T’es pas déterminée. T’ES UNE TABARNOUCHE DE FOLLE.

Ou ben t’es trop fragile. Sensible. Catatonique avec un petit side de pain à l’ail.

À la seconde où pareille remarque s’expulsera d’un rack à gencives mascu, quitte la pièce calmement (ils seront ravis, convaincus d’avoir gagné le grand jeu du gentleman-cigare). Puis, REVIENS.

Reviens avec un petit chariot à roulettes sur lequel tu auras installé, avec grâce (parce que les filles, on a la grâce), un très petit téléviseur avec VHS de la vue Légendes d’automne. Appuie sur play, puis attends. Quelques minutes suffiront pour que le faciès authentiquement MÂLE de ton patron ruisselle d’un torrent de larmes à la seconde où il apercevra Brad Pitt en pantalons de daim (ça fonctionne chaque fois, je te le promets).

Quand il prendra conscience de sa démonstration émotive publique et de la brèche à jamais ouverte sur ses vulnérabilités, il sera ravi de te trouver à ses côtés, solidaire, empathique et sans remarque bovine (MAIS OH! VICTORIEUSE).

3. Un petit café?

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T’es-tu déjà ramassée dans une job où, même si supra compétente et qualifiée-que-le-yâbe, on te demandait tout le temps de faire des photocopies, de chercher deux trois affaires floues sur Google et de t’abandonner à la tâche à laquelle toute fillette aspire dès ses premiers pas : servir le café?

C’est fascinant comme, PARFOIS, deux poids et deux mesures dansent la samba quand il est question de faire confiance à un gars ou une fille pour la même tâche. Et rares sont les cowboys qui se ramassent à torréfier une réunion. Han.

Qu’à cela ne tienne! À ta prochaine commande de café méprisante, file, tête haute, à la machine espresso. Fais couler l’arabica mi-brun, mousse le lait comme tu ne l’as jamais moussé et vas-y; crafte-lui le latte art (tsé, ceuze qui font des petits dessins funky-complexes dans la mousse) de tous les latte art. Pas la petite feuille. Ni le cœur. MAIS LA PETITE FILLE AU REGARD NIAIS.

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Dès qu’il recevra son petit boire chaud garni de la fillette-coucou, ton patron fixera la mousse. Puis te fixera. Puis, fixera la mousse de longues secondes (cet échange de regard peut durer quelques heures). Puis, il saisira. Profite illico de ce moment de grands constats pour lui expliquer que maintenant que tu as atteint les hauts sommets de l’art bistro, tu es entièrement disponible POUR TRAVAILLER. ACCOMPLIR DE GRANDES CHOSES.

Et laisser le beau Gilles préparer les biscottes au fromage en crème, la prochaine fois.

4. Le «mainsplainer»

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Enfin, je t’annonce que tu as fini de te faire interrompre sans cesse par tout homme qui possède la vérité et ne peut supporter qu’une fille s’exprime en réunion. À la seconde où un sieur t’interrompt, sors ton radio-cassette et fais jouer I gotta feeling (oui, des Black Eyed Peas, là) dans le tapis. Dès les premières notes, tout mâle alpha de la pièce se sentira furieusement forcé d’exécuter un flashmob, parce que c’est ce que les gens dans le coup et avant-gardistes (et très pertinents) font.

Tu pourras ainsi profiter des quelques instants d’accalmie de mansplaining pour exposer tes points et savourer la standing ovation que tu mérites (avec, en background, une petite merveille chorégraphie que même Messmer ne saurait ordonner).

Alors voilà, SUZIE.

Mais sache, oh sache, qu’il ne faut JAMAIS accepter de se faire diminuer de quelle que façon que ce soit dans ton milieu de travail. Tête haute, dénonce et fends le vent.

PS TENDRESSE : et toi, là, la personne qui est témoin de toutes ces injustices et qui ne fais jamais rien, DIS DONC QUELQUE CHOSE POUR AIDER TA CHUM DE FEMME, LA PROCHAINE FOIS. Saint-sifri.

La bise.


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