Tu ne parles plus à tes parents? Voici comment gérer la situation

Jeune femme seule et triste

On ne choisit pas sa famille et certaines personnes s’en tirent moins bien à la loterie que d’autres. Si tu as vécu des choses très difficiles, si vous n’êtes tout simplement pas capables de vous entendre, s’il y a eu différentes crises graves et d’actions que tu considères comme des « points de non-retour », tu as le droit de prendre la décision de t’éloigner de tes parents et de ne plus leur parler.

Et même lorsque tu es en paix avec ta décision et es convaincu(e) que c’est la meilleure pour toi, cette situation peut parfois devenir dure à gérer. Voici quelques conseils pour t’aider! 

Comment est-ce que je devrais en parler aux autres?

Considérant le fait que ne plus être en relation avec ses parents suscite souvent de l’incompréhension et du jugement, tu n’es pas obligé(e) de t’étendre là-dessus à tout le monde! 

C’est dommage d’ailleurs, parce que la plupart des psychologues s’entendent pour dire que très peu de personnes qui ne parlent plus à leur famille le font sans une raison valable. Sauf que malheureusement, au lieu de l’empathie, la réaction habituelle des gens est souvent très surprise et négative.

C’est une question personnelle et émotive, que tu n’as pas besoin d’étaler au grand jour, surtout si la réponse des gens ne fait qu’ajouter à la difficulté de la situation. Par contre, il va toujours y avoir des situations où on te pose des questions sur ta famille, alors on te conseille de préparer un « résumé en 5 secondes » (qu’on appellerait en anglais un « elevator pitch »). C’est-à-dire, de trouver une réponse courte et toute faite que tu peux donner lorsque tu n’as pas envie de t’ouvrir ou de t’étendre là-dessus! C’est correct si cette réponse est toujours la même et c’est encore mieux si elle ferme un peu la porte aux questions ou aux commentaires.

Comment mieux passer à travers les jours de fête?

C’est souvent les jours « spéciaux » qui sont les plus durs quand on ne parle pas à ses parents : ton anniversaire ou le leur, la fête des Mères ou des Pères, Noël, etc.  Comme ces journées ont une signification particulière, les émotions et les souvenirs peuvent revenir en force. 

La première chose qu’on pourrait te conseiller, c’est de pratiquer la bienveillance envers toi-même. Rappelle-toi par exemple que tu n’as pas coupé les ponts pour rien et que ce qui te manque, c’est peut-être plus « l’idée » ou le rêve d’une famille unie que la réalité, qui était toute autre. Rappelle-toi aussi que tu n’es pas une mauvaise personne et que cette décision, même si elle n’est pas sans conséquence, te permet de mieux cheminer. C’est beaucoup plus difficile à dire qu’à faire, mais essaie de t’éloigner de ce maudit sentiment de culpabilité!

L’autre conseil, ce serait simplement de pratiquer le « self-care » et de t’occuper! Tu peux entre autres aller consulter cet article sur comment prendre soin de toi si tu es seule à Noël. Fais ce te rend heureux(se), vois tes amis, va au cinéma, fais-toi gâter par ton chum ou ta blonde... Pour te sentir mieux, rien ne vaut passer du temps avec ta famille « choisie », qui t'apprécie, te sécurise et te donne l'impression d'être un(e) des leurs : ce peut-être les parents de ton ami(e), ta belle-famille, etc.

Quand est-ce que je devrais consulter?

Si tu en as la possibilité, on te conseille fortement de le faire, d’une façon ou d’une autre! Juste pour t’aider à démêler la situation, revenir sur ton enfance pour panser des blessures, mettre des mots sur la dynamique ou l’historique familial… En plus de t’aider, en parler à un(e) psychologue ou autre intervenant peut même te donner une perspective nouvelle sur les autres personnes impliquées, en te permettant de mieux comprendre leurs propres failles et leurs propres troubles. Ça n'excuse pas tout, mais malheureusement, les dysfonctions familiales ont souvent tendance à se répéter au travers des générations. Voir ta mère comme une petite fille blessée elle-même ne te permettra peut-être pas de recommencer à lui parler, mais peut quand même te faire considérer ta propre situation autrement.

Même si consulter est toujours une bonne idée en général, en tout temps si tu vis une vraie crise ou que tu sens que la difficulté de la situation est en train de prendre le contrôle sur ta vie et tes pensées, n’hésite pas à entreprendre une démarche « d’urgence ». Appelle une ligne de soutien, consulte un professionnel de la santé, entreprend des démarches, va chercher de l’aide

Est-ce que je devrais garder le contact quand même?

Sans nécessairement les voir ni les appeler, ça peut être une bonne idée, si tu t’en sens capable, de garder une certaine ligne de communication ouverte. Ça peut être simplement en envoyant un texto de temps en temps, juste pour dire que tu vas bien ou leur apprendre une nouvelle importante. C’est toi qui connaîs ta famille et la situation mieux que personne, mais dans la plupart des cas les parents, aussi imparfaits soient-ils, continuent de s’inquiéter pour leurs enfants! Maintenir un petit contact indirect peut donc être un bon compromis, te permettant de t’éloigner d’une situation dysfonctionnelle, mais tout en te donnant l’impression de faire ton « devoir » minimum d’enfant, aussi.

Ce n’est pas obligé d’être à tes parents directement non plus! Tu peux simplement, par exemple, relayer des nouvelles par ta sœur, ta tante avec qui tu es capable de parler, etc.

Est-ce que je devrais faire les premiers pas pour tenter une réconciliation?

Certaines personnes ne reviennent jamais en arrière, mais pour d’autres, le temps arrange bien les choses. Les gens vieillissent, évoluent, sont parfois capables de travailler sur eux-mêmes… Il arrive aussi des changements dans la famille (un nouveau beau-père qui a de l’allure, un neveu ou nièce qui arrive et que tu as envie de connaître, une maladie…) qui encouragent la réconciliation.

Si après plusieurs mois (ou années) sans leur parler, ton « feeling » face à cette décision a changé et que ta famille te manque, rien ne t’empêche de revenir là-dessus!

Tu peux le faire lentement, doucement, à ton rythme et à tes conditions. Ça a probablement pris beaucoup de temps avant de couper les ponts alors la réconciliation n’a pas besoin d’être instantanée non plus. Les choses ne reviendront probablement jamais comme avant de toute façon, alors ce n’est pas nécessaire d’essayer de faire comme si de rien n’était. Tu n’es pas obligé d’assister du jour au lendemain à toutes les fêtes de famille, ni d’aller soudainement souper tous les dimanches. Respecte-toi là-dedans et n'hésite pas à le voir comme une période « d'essai ».

On te souhaite bonne chance et on t’appuie dans ta démarche, peu importe laquelle!

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